09.04.2007
Podcast de Xavier Bertrand
Xavier Bertrand, vous êtes Porte-parole de Nicolas Sarkozy. Ce soir, à Palavas-les-Flots, vous avez tenu meeting devant plus de 1000 personnes. A trois semaines du premier tour, quel est le message de Nicolas Sarkozy ?
Le message, c’est qu’il faut une mobilisation de chacun et le même engagement que celui qui est le sien dans cette campagne. Il a décidé justement de quitter ses fonctions au Ministère de l’Intérieur pour se consacrer à 100 % à cette campagne. Et puis aussi très clairement on a deux choses à faire dans cette campagne, dans cette dernière ligne droite. A la fois, montrer aux français quel est notre projet de société : la valeur travail, l’identité de la France et puis aussi la place des solidarités. Et puis aussi il faut même viser plus large, il faut aussi vouloir et savoir réconcilier les français avec la politique. Je compte aussi sur les jeunes de l’Hérault, je compte aussi sur les jeunes populaires pour faire passer ce message que la politique ça permet de faire bouger les choses, la politique ça permet justement de changer les choses. Et je crois que ce message, c’est Nicolas Sarkozy qui l’incarne.
Dans cette campagne, justement, à gauche Ségolène Royal est de plus en plus floue notamment sur l’immigration. Mais aussi sur la fiscalité, après une hausse des impôts dans les Régions, elle propose de taxer les assurances vies. N’est ce pas dangereux tout ça pour les contribuables français ?
Je crois que tout le flou de Ségolène Royal très vite ça a commencé à inquiéter les français et aujourd’hui ils comprennent que non seulement ce qu’elle propose c’est le retour en arrière, et donc le retour en arrière c’est Lionel Jospin qui a quand même été le champion du monde de l’augmentation des impôts. En plus, vous savez bien en Languedoc Roussillon ce que ça donne la gestion socialiste parce que votre région est championne de France, et ça c’est un titre dont vous vous passeriez bien, pour l’explosion des impôts locaux avec plus 82 % justement depuis 2004. On sait pertinemment que si les socialistes étaient élus, on aurait une explosion des impôts. Et ça justement, les impôts c’est quand même l’ennemie du pouvoir d’achat et il faut le rappeler. Et notamment, ce que veut faire Ségolène Royal sur l’assurance vie, ça montre bien qu’elle est décidée justement à s’attaquer, à casser, ce qui est l’épargne la plus importante pour les français. Donc je crois qu’il faut dénoncer cela et surtout mettre les socialistes à la fois face à leurs contradictions et puis aussi face à la vérité de ce qu’ils ont en tête ou plutôt derrière la tête.
François Bayrou, lui se pose en troisième voie. Mais la France ne mérite-t-elle pas mieux que cette démagogie et cet opportunisme ?
Je crois que François Bayrou lui son idée c’est de jouer sur les deux tableaux. C’est un petit peu le candidat caméléon. Il prend les couleurs de la gauche quand ça l’arrange, les couleurs de la droite quand ça l’arrange. Mais on voit bien qu’il n’a pas de projet de société. Et si aujourd’hui ça se passe pas si bien que ça pour lui dans les sondages, s’il devient très agressif, c’est tout simplement parce qu’il sent bien qu’il n’arrive plus à faire illusion. C’est l’heure de vérité qui a sonné pour François Bayrou. Il y a eu l’heure des banalités, il y a eu l’heure des généralités. Là maintenant c’est l’heure de vérité. Et les français sur des sujets aussi importants que le logement, c’est important à tout âge mais c’est important pour les étudiants, pour les jeunes le logement, sur le pouvoir d’achat, sur la sécurité, il ne propose rien. Et ça, les français ne lui pardonnent pas.
Pour terminer, il y a déjà de très nombreux jeunes avec Nicolas Sarkozy. Quel message voudriez-vous faire passer aux jeunes qui ne sont pas encore convaincus pour qu’ils nous rejoignent ?
Je crois que les jeunes ce qu’ils veulent c’est se projeter dans l’avenir. Il ne faut pas leur raconter d’histoires. Il ne faut pas leur tenir de grands discours. Ils veulent à la fois de l’ambition pour leur pays et ils veulent aussi pouvoir conduire eux-mêmes le changement. Donc je voudrais dire à ces jeunes notamment que sur des questions importantes comme leur pouvoir d’achat on veut notamment que tout ce qui est travail étudiant il n’y ait plus d’impôts dessus. Donc qu’on ne se pose pas la question en travaillant si on va perdre ses bourses. On veut aussi leur donner des vrais moyens à l’université. On veut aussi leur donner des vrais moyens pour pouvoir justement se former sans forcément aller en fac. Et puis les questions du logement, qui sont des questions importantes, la question de la santé des jeunes, toutes ces questions là sont au cœur de projet de Nicolas Sarkozy.
Je voudrais dire aussi une chose aux jeunes, plus qu’à tout autre, c’est qu’il ne faut pas que vous soyez spectateur de cette campagne, il ne faut pas que vous soyez commentateur de la campagne, il faut que vous soyez acteur de cette campagne. Cette campagne, c’est la votre. Et je voudrais dire justement aux jeunes de l’Hérault, aux jeunes populaires de l’Hérault, qu’on a besoin de leur enthousiasme pour justement remporter cette élection à la fois changer la façon de faire de la politique et puis aussi avoir le vrai changement qui nous permette d’avoir une France à la fois enthousiaste, volontaire et une France sûre d’elle. Je compte beaucoup sur les jeunes populaires de l’Hérault.
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16.03.2007
La béarnaise, une sauce trop aigre pour la France
La mayonnaise Bayrou est-elle en train de tourner ?
Partant du statut de petit candidat, l’UDF François Bayrou surfe aujourd’hui avec des scores inespérés et inimaginables il y a encore quelques mois. Le but n’est pas ici d’analyser la montée en puissance de ce candidat, mais d’expliquer pourquoi la sauce va tourner avant les élections ou bien pire rendra malade après.
Candidat anti-système, ni à droite, ni à gauche, il surfe avec une démagogie impressionnante sur le rejet de la bipolarisation médiatique du duel Sarkozy / Royal. Donc aujourd’hui son électorat potentiel est très vaste : déçus socialistes d’une candidate bien pâle, centre droit historique de l’UDF, électorat de droite ayant encore un peu peur de Sarkozy, ultra-libéraux d’Alternative Libéral trouvant que Sarkozy n’est pas libéral et contestataires lepénistes voyant en lui un candidat éligible capable de faire exploser le système.
Avec une telle diversité de la gauche à l’extrême droite, c’est l’explosion assurée !
Il n’y a qu’à voir l’exemple de l’Italie avec sa coalition de 11 partis débouchant sur un gouvernement de 109 ministres et la démission dernièrement de Romano Prodi.
Point de fatalisme mais soyons clair : la solution Bayrou ne débouchera que sur de l’instabilité avec une règle de fonctionnement : le plus petit fait la loi.
N’ayons pas peur de dire que nous croyons en la bipolarisation de la vie politique avec d’un côté la droite et de l’autre la gauche. A vouloir faire gouverner droite et gauche ensemble, on ne fait qu’entretenir le sentiment du « tous pareil » qui fait grimper les extrêmes.
L’intérêt général passe avant tout et implique le consensus sur certains grands sujets, tel que l’environnement. Mais la droite et la gauche ont bel et bien des valeurs qui différent, surtout en France.
Alors le 22 avril prochain, il s’agit de faire un choix de raison conforme à ses valeurs et de ne surtout pas céder aux sirènes de l’impasse Bayrou.
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