28.02.2007

Podcast de Valérie Pécresse


Valérie Pécresse, bonjour. Vous êtes Porte-parole de l’UMP, Députée des Yvelines, très engagée dans la campagne de Nicolas Sarkozy et présente aujourd’hui à Montpellier notamment pour parler de la famille. Justement on aimerait savoir quelle la position de Nicolas Sarkozy sur ce sujet et aussi sur le mariage homosexuel.

Alors sur la famille, Nicolas Sarkozy veut vraiment mettre l’accent sur cette question parce qu’il pense que dans une France qui va vieillir, qui va avoir des défis de solidarité très important, et bien la famille doit être privilégiée d’abord par rapport à tous les système de socialisation de la gestion des solidarités. La première solidarité, c’est la solidarité familiale. Donc il faut encourager les familles à l’exercer. Et c’est tout le sens des mesures que nous allons prendre pour aider les aidants pour les personnes très âgées, pour aider les mères de famille ou les pères de famille qui décide d’arrêter pour élever leurs enfants en leur reconnaissant des droits à la retraite. C’est aussi pour cela que Nicolas Sarkozy prône de mettre des allocations familiales au premier enfant, dès le premier enfant pour aider les jeunes couples qui ont aujourd’hui beaucoup de difficultés à s’installer dans la vie dans une France où on a du mal à acheter son logement, où on a du mal à s’insérer professionnellement. Pour aider les jeunes couples et ça c’est une mesure révolutionnaire.
Et sur le mariage des homosexuels et l’adoption par les couples homosexuels, Nicolas Sarkozy a dit ce qu’il en pensait. Il est favorable à la reconnaissance de l’amour homosexuel et donc à donner aux couples homosexuels les mêmes droits que les couples hétérosexuels (fiscaux, successoraux, sociaux). Mais en revanche, il n’est pas favorable à l’adoption par les couples homosexuels parce que, pour lui, les piliers du droit de la filiation : c’est un père, une mère, un enfant.

Concernant les jeunes, Ségolène Royal propose une allocation d’autonomie. Qu’est ce que vous en pensez et que propose Nicolas Sarkozy pour les jeunes ?

Nicolas Sarkozy n’est pas favorable à l’allocation d’autonomie parce que pour nous c’est un véritable RMI jeune. Ségolène Royal dit qu’il y aura une contrepartie en soutien scolaire. Mais on sait bien que le RMI aussi au départ il y avait des contreparties et à l’arrivée il n’y avait plus de contreparties. Et ça ne nous semble pas du tout un beau message à envoyer à la jeunesse que de leur dire qu’on va les payer à chercher un emploi. On pense en revanche qu’il faut qu’on aide les jeunes et qu’on les aide à toutes les étapes de la vie et évidemment qu’on leur propose un contrat pour l’entrée dans vie active avec des engagements. C'est-à-dire qu’on ferait un prêt et qu’il s’engagerait à le rembourser une fois qu’ils travailleraient. Donc c’est une logique différente de celle de Madame Royal, qui est celle de l’engagement réciproque où la société prête au jeune pour l’aider à s’installer dans la vie et ensuite le jeune rembourse comme le micro crédit.

Vous venez également de signer votre livre « Etre une femme en politique ». Justement est-ce que ça veut dire qu’une femme et est ce qu’on est prêt pour qu’une femme soit Présidente de la République ?

Oui je crois que les français sont tout à fait prêts à élire une femme Présidente de la République. Mais je pense que le seul fait d’être une femme n’est pas un gage de compétence. On ne peut pas dire « votez pour moi parce que je suis une femme » ! On doit dire « votez pour moi parce que j’ai la compétence, j’ai l’étoffe, j’ai l’envergure d’un Président de la République » !

Pour terminer, à moins de 7 semaines du premier tour de l’élection présidentielle, alors que les coups bas se multiplient on le voit encore aujourd’hui, comment jugez-vous cette campagne ?

Je crois qu’il ne faut pas qu’on change de ligne directrice dans cette campagne. Je crois que Nicolas Sarkozy doit vraiment parler du fond, parler des grands défis qui attendent la France au plan international et au plan local, expliquer comment on fait pour que la France reste elle-même, pour qu’elle reste prospère et généreuse dans le monde de demain. Et je crois que c’est ça les défis. Et puis, il faut apporter des solutions à ces défis et présenter des choix politiques courageux et audacieux. Je crois que c’est ce que Nicolas Sarkozy fait. Et je crois qu’il est le seul à avoir le courage de dire aux français qu’il va falloir travailler d’avantage, qu’il faut réformer le système de protection sociale, notre droit du travail. Parce que si l’on met plus de flexibilité, on pourra donner plus de sécurité aux salariés. Parce que si on met plus de croissance, on pourra assurer une meilleure protection.